« Tout le monde est accueilli, accepté, sans être jugé. »

Les Sels, ou systèmes d’échanges locaux, permettent des échanges de services ou de produits, non monétisés, entre adhérents. Les rencontres Inter Sels, fin août, rassemblaient ceux de toute la France. L’occasion d’exprimer, pour chacun, de ce que ces systèmes alternatifs apportent à la vie locale. Galerie de témoignages.

Eric Le Chaix, le jardinier enchanteur, du Sel de Saint-Sébastien-sur-Loire  

Le Sel de Saint-Sébastien-sur-Loire (44) incarne l’utilité que peut avoir un Sel au niveau local. Ils étaient quelques-uns à avoir fait de la permaculture au sein de ce Sel, tout petit à l’origine. Un projet est né, d’un jardin partagé accessible à tous : “un lieu où nature et bienveillance tissent des liens de fraternité”. Eric Le Chaix, l’un des membres à l’origine du projet, reprend :  “dans les Sels, tout le monde est accueilli, accepté, sans être jugé. On a voulu créer un jardin dont ce serait la particularité : que l’on soit en fauteuil, qu’on ait des difficultés à s’exprimer, que l’on soit très timide, ou au contraire très bavard…Tout le monde y a sa place”.

Le 27 mars, ils étaient 35 à planter les premières pommes de terre, dans 14 bacs rehaussés à 40 cm, aux normes pour les personnes à mobilité réduite. Des structures en bambou, le tout petit cabanon pour ranger les outils, une petite éolienne, une girouette, des ardoises suspendues qui chantent au vent… Le jardin enchanté interpelle et attire les curieux.

Des temps collectifs sont organisés, les “rendez-vous au jardin”, calés grâce à un panneau à l’entrée, et sur Internet. “C’est aussi un jardin consolateur, qui a accueilli Lucette, alors qu’elle venait de perdre son ami. ” Ou encore Aurélie, en fauteuil roulant, qui ne pourra jamais jardiner, avec son compagnon hémiplégique, et sont leurs plus fidèles supporters. Des rangs de haricots apparaissant comme par magie, des tournesols géants… tant d’histoires nées de ces rencontres. “C’est un jardin qui crée du lien, et qui le fait grandir,” conclut Eric Le Chaix.

Marine Pontoise, la voyageuse enthousiaste de la Rochelle

Marine Pontoise, du Sel de la Rochelle, est bénévole à la Route des Sels, qui propose aux 2600 adhérents d’être hébergés gratuitement chez l’habitant dans d’autres villes. Les nuitées sont alors comptées en unités de Sels. Pour Marine Pontoise, la Route des Sels, c’est l’occasion de voyager partout en France : “ça permet de rencontrer des gens qui partagent les mêmes valeurs de convivialité et de bienveillance”.

Afin de découvrir la région, elle est venue passer quelques jours, avant l’événement, chez Claude, une Seliste vivant à côté de Sancerre. « Ça s’est très bien passé, nous sommes toutes les deux indépendantes, nous n’avons presque pas mangé ensemble, chacune faisait sa vie. Tout se fait dans le respect du lieu et de la personne chez qui l’on va.”  

Marylise Le Garrec, petites mains de la plateforme numérique à Brest et membre des Sel’idaires

Marylise Le Garrec, Seliste de Brest, est depuis quatre ans, membre du conseil d’administration des Sel’idaires. L’association, sorte de maison commune des Sels, travaille à leur promotion. “Les Sels évoquent le troc, le bric à brac, mais c’est aussi du militantisme. On demande aux selistes de s’impliquer, individuellement ou collectivement : on aime bien savoir ce qu’ils font pour leur commune, faisant sens avec la charte.

Dans son Sel du Finistère, elle donne un coup de main sur la plateforme numérique : “je forme, et je fais aussi des tutos. J’aime bien montrer pas à pas comment s’en servir, et animer la hotline”. Chacun peut apporter quelque chose : une dame âgée de 88 ans qui a mal partout peut apprendre aux autres à tricoter.

Lisa Darrault.

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